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Leo McKay

Leo McKay

Leo McKay

Leo McKay – un p’tit gars de Red Row, un ouvrier, un syndicaliste, un coopérateur, un vieux de la vieille du NPD, un politicien municipal, un bâtisseur communautaire, un mari, un père, un grand-père et un arrière-grand-père – est décédé le vendredi 22 juillet 2011 à l’âge de 83 ans. Le comté de Pictou, en Nouvelle-Écosse, a ainsi perdu un de ses grands bâtisseurs.

Né au sein d’une famille de houilleurs en 1928, Leo a grandi dans une maison de l’employeur de son père dans Red Row, un quartier de classe ouvrière tissé serré de Stellarton, en Nouvelle-Écosse. Une génération avant que le gouvernement n’adopte des politiques pour mettre en place un système de financement de l’éducation postsecondaire et deux générations avant le démantèlement de ce système relativement égalitaire, la majorité des enfants doués de la classe ouvrière ne considéraient même pas l’éducation comme une option à leur portée. Leo a décroché son premier emploi de cueilleur de pois verts dans un champ local à l’âge de 15 ans. À l’âge de 16 ans, il a quitté l’école pour travailler à temps plein comme riveteur de wagons ferroviaires à Trenton.

Au sein de sa famille de houilleurs, le syndicalisme faisait partie de la vie courante au même titre que le pot de mélasse sur la table de cuisine. Cependant, les McKay étaient d’allégeance conservatrice et ce fut donc un scandale familial lorsque Leo a commencé à militer pour la Fédération du commonwealth coopératif (la CCF). « Nous étions des ouvriers. Les syndicats étaient là pour défendre les intérêts ouvriers. La CCF défendait les ouvriers. Pour moi, tout cela allait ensemble et s’inscrivait dans la même idée. »

Leo a travaillé aux élections pour la CCF dès l’âge de 17 ans et a adhéré officiellement au parti l’année suivante. De qualifier ce militantisme de début de carrière serait de présenter de manière inexacte la façon dont Leo envisageait son travail pour la CCF, puis pour le NPD. Leo était un ouvrier dans l’âme et il n’a jamais utilisé le terme carrière en lien avec sa vie professionnelle. Affirmer qu’il était animé par sa passion ou ses idéaux serait donner un entorse au sens du mot « passion ». La véritable force ayant animé Leo durant sa vie, l’énergie même de son être, se manifestait dans son travail politique et social. Égalité, justice sociale, équité, démocratie : voilà les idéaux que Leo s’est efforcé d’atteindre durant toute sa vie.

Leo a milité activement au sein du syndicat des Métallurgistes et a passé une bonne partie des années 1940 et 1950 à travailler pour différents syndicats, pour recruter de nouveaux membres et obtenir l’accréditation syndicale des milieux de travail industriels dans le comté de Pictou et l’ensemble de la province. En 1961, Leo est devenu secrétaire exécutif de la Fédération des travailleurs de la Nouvelle-Écosse official source.

En novembre de cette année-là, à peine quelques semaines après quitté le plancher de l’usine de trains et commencé son nouvel emploi, Leo a reçu le mandat de présenter le mémoire de la fédération à la Commission royale d’enquête sur les services de santé, dont les recommandations ont contribué à bâtir l’actuel système canadien de services de santé. À l’époque, il ressentit une lourde responsabilité, de la crainte et de l’intimidation, car il n’était qu’un jeune ouvrier avec une huitième année qui devait livrer une présentation aux juristes les plus chevronnés de la province. Cependant, la nature déterminante de cette présentation pour le système canadien de services de santé a marqué cet homme jusqu’à la vie de ses jours.

Baptisé selon les rites de l’Église catholique, Leo a quitté l’église assez tôt dans sa vie adulte, mais pendant plus d’un demi-siècle, il a été un des principaux évangélistes néo-démocrates dans la province. Il s’est porté candidat néo-démocrate à l’élection fédérale de 1968 et a travaillé sans relâche durant et entre les élections pour bâtir et maintenir la base du parti, à la fois à Halifax, où il occupait son poste pour la fédération, et chez lui, dans le comté de Pictou. D’ailleurs, les actuels députés provinciaux néo-démocrates du comté de Pictou lui accordent le mérite de leur avoir pavé la voie. Au cours des récentes années, la vieillesse et la déficience physique ont limité sa participation directe aux élections, mais assis dans son salon de Red Row il y a deux ans, il a regardé – incrédule et émerveillé – l’élection du premier gouvernement provincial néo-démocrate. En six décennies et demie de participation dévouée à la vie politique du parti, c’était la première fois qu’il votait pour un candidat gagnant. Il considérait sa carte d’adhésion à vie du NPD comme un trésor.

Leo croyait fermement en la social-démocratie et c’est cette croyance qui l’a mené à militer au sein du mouvement coopératif et des coopératives de crédit. Il a siégé au conseil d’administration de plusieurs coopératives de crédit au cours de sa vie et a été un des organisateurs et membres fondateurs de la coopérative du comté de Pictou.

Il a enseigné des cours de formation syndicale aux écoles ARLEC du campus de l’université St. Francis Xavier, été membre de la Pictou County Rivers Association et présidé l’association de hockey mineur de Stellarton. Pendant une décennie, il a été chroniqueur syndical pour le Pictou Advocate et, pendant vingt ans, il a siégé à la Commission des relations de travail de la Nouvelle-Écosse.

Après avoir pris sa retraite de la fédération du travail au début des années 1990, Leo s’est intéressé aux affaires municipales de Stellarton et a fini par se porter candidat à un poste de conseiller et siéger au conseil municipal pendant six ans. Le maire Joe Gennoe a considéré Leo comme un ami de confiance et un conseiller personnel jusqu’à la fin.

Il y a deux ans, Gena, l’épouse adorée de Leo, est décédée subitement et contre toute attente. Le couple avait passé les 15 années de vie de retraite de Leo à participer à un réseau social animé qui se réunissait principalement au McDonald de la rue East River, à New Glasgow. Leo ne s’est jamais remis du choc du décès soudain de son épouse.

En janvier dernier, Leo a subi plusieurs chutes, qui ont mené à une déficience physique et miné sa confiance en soi. En février, il a subi une crise cardiaque et on lui a diagnostiqué un cancer des intestins à la fin de juin. Il a été reconnaissant de la qualité des soins qui lui ont été prodigués par l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Aberdeen. Il a été impressionné et ému par le professionnalisme et le dévouement de l’équipe d’infirmières et de soignantes de l’ordre de Victoria. Il est mort paisiblement dans son fauteuil préféré dans le salon de sa maison du quartier Red Row.

Leo est survécu par sa fille Rosemary, ses fils Leo Jr. et Alan ainsi que ses nombreux petits-enfants et arrière-petits-enfants.

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