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La ministre fédérale de la Santé est déconnectée de la réalité de l’assurance-médicaments au canada

Julie White

Julie White : « Ici des gens souffrent parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter leurs médicaments d’ordonnance. Cela est inacceptable dans un pays riche comme le Canada. »

Ottawa (Ontario), le 14 avril 2016 – Le lundi 11 avril, la ministre fédérale de la Santé, Dre Jane Philpott, a annoncé à la Chambre des communes qu’elle n’était pas investie du mandat de créer un régime universel d’assurance-médicaments et que [traduction] « cela pourrait s’avérer coûteux… Il existe déjà des régimes publics d’assurance-médicaments en place au pays pour les personnes n’ayant pas les moyens financiers de se procurer leurs médicaments. »

Pour la Coalition canadienne de la santé et l’Association des syndicalistes à la retraite du Canada, il est clair que la ministre Philpott ne saisit pas la réalité. « La raison pour laquelle les médicaments coûtent si cher au Canada est justement l’absence d’un régime public national d’assurance-médicaments, explique Julie White, qui a rédigé la politique en matière d’assurance-médicaments de l’Association des syndicalistes à la retraite du Canada. Nous payons beaucoup plus pour nos médicaments parce que nous sommes incapables d’en négocier les prix avec les sociétés pharmaceutiques pour l’ensemble de notre population. C’est pourtant ce qui se fait dans plusieurs autres pays. »

Des études fiables ont démontré que, sur les 27 milliards de dollars dépensés en médicaments, nous payons jusqu’à 11 milliards de plus que nous paierions si nous nous dotions d’un régime national. Entre-temps, les régimes provinciaux et les régimes privés croulent sous les coûts élevés et doivent réduire leur couverture.

Comme elle est médecin, la ministre Philpott devrait pourtant comprendre que les médicaments d’ordonnance jouent un rôle de premier plan dans le système de santé. « À l’heure actuelle, un Canadien sur dix est incapable de se payer les médicaments d’ordonnance qui lui sont prescrits, affirme Adrienne Silnicki, coordonnatrice nationale de la Coalition canadienne de la santé. Bien que la ministre Philpott puisse croire que les régimes d’assurance-médicaments en place répondent aux besoins, il y a très certainement des personnes qui sont laissées pour compte. Nous devons voir à ce que tout le monde puisse recevoir les médicaments que son état de santé commande et la mise en place d’un régime public national d’assurance-médicaments représente la façon la plus sûre et la moins coûteuse d’y parvenir. »

« Tous les autres pays où les soins de santé sont universels couvrent les médicaments. Ici des gens souffrent parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter leurs médicaments d’ordonnance. Cela est inacceptable dans un pays riche comme le Canada », ajoute Julie White.

La Coalition canadienne de la santé et l’Association des syndicalistes à la retraite du Canada demandent à la ministre fédérale de la Santé de revoir sa position et de lancer des discussions avec les provinces sur un régime public national d’assurance-médicaments.

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