ASRC

Présentation de l’ASRC au Groupe de travail sur la littératie financière

Présentation au Groupe de travail sur la littératie en matière financière
12 mai 2010

L’Association des syndicalistes à la retraite du Canada qui représente par voie d’affiliation, plus d’un million de syndicalistes à la retraite d’un océan à l’autre, apprécie l’occasion de présenter ses points de vue au Groupe de travail sur la littératie en matière financière.

Le document de consultation a soulevé une série de questions. Notre mémoire porte principalement sur les questions pertinentes à la retraite.

Qu’est-ce qui peut être fait pour encourager les Canadiens et les Canadiennes à planifier et se préparer pour la retraite plus tôt dans la vie?

Du point de vue de la littératie financière, qu’est-ce qui peut être fait pour encourager les Canadiens et les Canadiennes à participer plus pleinement à leur régime de pension professionnel et/ou un régime de retraite (par ex. REER)?

Quelles autres initiatives ou incitatifs pertinents à la littératie financière devraient être étudiés par le Groupe de travail pour aider à promouvoir la sécurité de retraite des Canadiens et des Canadiennes?

Nous ajouterons des commentaires sur certaines autres questions, mais nous croyons que notre expertise est plus prononcée dans la planification de la retraite.

Contexte

Bien qu’il soit important à tout âge d’avoir une bonne base financière, c’est doublement important à la retraite puisque les choix pour rectifier la situation à ce temps là sont extrêmement limitées. Tandis qu’un nombre très limité de gens peuvent quitter un emploi bien rémunéré et en débuter un autre, lorsqu’ils sont confrontés par un manque à gagner, la plupart des personnes à la retraite n’ont aucune ou très peu de chances de trouver un nouvel emploi rémunéré find out here. Le travail à temps partiel à bas salaire que les plus jeunes personnes à la retraite peuvent obtenir sont souvent à des fins plus sociales qu’économiques.

Dans le passé, être âgé était un synonyme d’être pauvre — souvent c’était le cas. Grâce en grande partie à la Sécurité de la vieillesse, au Supplément de revenu garanti, aux régimes de pensions du Canada et du Québec ou ce que le document de consultation appelle les deux premiers piliers du régime de retraite, la pauvreté absolue chez les gens de plus de 65 ans, a diminué au point tel que ce sont maintenant des veuves ou veufs âgés ou ceux et celles qui n’ont jamais travaillé ou l’ont fait que très brièvement au Canada et qui conséquemment reçoivent une prestation minimum du deuxième pilier, qui tombent dans cette catégorie.

Cette réalisation est largement attribuable à des individus politiques tels que Stanley Knowles, qui ont gagné des pensions, mais aussi au fait que les syndicats ont négocié des pensions pour leurs membres. Ils les ont ensuite élargies pour inclure tout le monde.

Les syndicats ont négocié des régimes faisant partie de ce que le document de consultation qualifie de troisième pilier. Il existe une variété de régimes et d’approches dans ce pilier. Bien qu’un régime quelconque est mieux que l’absence totale de régime, ce qui est le cas de la majorité des Canadiens et des Canadiennes, la réalité est que le régime à prestation définie est un des régimes qui répondent le mieux aux besoins des personnes à la retraite. Conséquemment, nous sommes terriblement inquiets de voir que les employeurs désirent changer les régimes à prestations définies pour des régimes à contributions définies pour les nouveaux employés. Si ceci se produit et que l’ancien régime est sous-financé et forcé d’accepter des contributions moindres, ses prestations définies pourraient bien être inférieures à ce qui a été promis initialement.

La récente crise financière a eu des effets dévastateurs pour les gens de tous les âges. Les personnes à la retraite comptaient parmi les plus durement touchés. Ce coup n’était pas relié à la littératie financière des personnes à la retraite.

Le marché boursier est risqué même pour les mieux informés, puisque la US Securities Exchange Commission a découvert que Goldman Sachs a vendu, en toute connaissance de cause, des hypothèques à risque rassemblées par un spéculateur qui a ensuite misé sur un échec sans toutefois en avisé les acheteurs. Il a aussi perçu des frais des deux côtés de la transaction. On dit maintenant que les investisseurs étaient des gens qui connaissaient la situation, mais pas le pari du spéculateur. Conséquemment, Goldman prétend être aucunement responsable d’acte répréhensible.

Littératie financière

Bien que personne ne disputera qu’accroître notre littératie financière est une bonne idée, nous croyons qu’il y a des limites lorsqu’il s’agit de planifier notre retraite.

Le document de consultation appuie les cours de littératie financière dans les écoles primaires et secondaires. Notre trésorier qui a enseigné les mathématiques dans une école secondaire tout au long de sa vie, offre cette observation fondée sur son expérience :

Il n’y a rien de nouveau avec l’enseignement de la littératie financière dans les écoles secondaires de l’Ontario. On retrouve des volumes remontant aux années 60 et probablement plus tôt.

Il est facile d’enseigner les intérêts composés aux étudiants du secondaire et comment la valeur de l’argent change avec les temps. Il s’agit seulement de leur faire établir un registre représentant les deux premières années d’une hypothèque ou les deux dernières années d’un fonds d’amortissement. Ils comprennent.

Ce qui ne réussit pas aussi bien, c’est leur demandé d’utiliser ce qu’ils ont appris pour différencier ‘un besoin d’un désir’, pour reconnaître quand ils prennent une décision émotionnelle plutôt qu’une décision rationnelle lorsqu’ils gagnent de l’argent.

Aucun programme pour enseigner la littératie financière aux adolescents ne sera efficace à nous que nous adoptions et appliquions des bonnes lois pour protéger nos enfants de l’influence de la publicité. La deuxième étape au succès est un programme qui comprend la littératie médiatique afin que les étudiants apprennent à appliquer la pensée critique à la publicité à laquelle ils sont exposés sur l’internet et à la télévision. Un autre point de préoccupation devrait être la façon agressive dont les cartes de crédit sont mis en marché pour ceux et celles qui ont peu ou pas de revenus, tels que les étudiants postsecondaires.

En considérant tous ces aspects, il y aurait une chance raisonnable que les travailleuses et les travailleurs qui en sont à leurs premières années, pourraient faire des choix plus intelligents quant à l’automobile qu’ils achèterons, au nombre de vêtements de couturiers qu’ils désirent et à la grandeur de la maison qu’ils choisiront.

Ce que la littératie financière ne peut accomplir chez les jeunes d’aujourd’hui, c’est la planification financière à long terme. Ils vivent dans une société instantanée. Les communications instantanées et la gratification immédiate sont que deux exemples. Il doit aussi être reconnu que pour les jeunes travailleuses et travailleurs qui ont des revenus inférieurs, il est nécessaire de penser à l’immédiat. C’est donc encore une fois, l’automobile, le logement, les vêtements et l’épicerie.

La littératie financière a une grande valeur. Toutefois, ce n’est pas une solution au revenu de retraite adéquat pour nos aînés. Les seules épargnes retraite que la majorité des jeunes gens accumulent sont celles qui sont obligatoires. Penser autrement n’est que de la naïveté ou un manque de connaissance de la majorité des jeunes d’aujourd’hui.

Les cours dans les écoles doivent être plus qu’une simple connaissance de la façon de calculer les taux d’intérêt et autres facteurs, ils doivent inclure un connaissance de la portée de l’économie en général. Un tableau clair des rôles fondamentaux, y compris ceux des syndicats et des retraités, doit être inclus.

Bien qu’il soit utile de souligner les concepts de base pour la planification de la retraite, la réalité demeure qu’une jeune personne préfère penser à leur premier emploi, leur première automobile, au mariage et au choix d’une résidence au lieu de penser à la retraite. Ceux et celles qui terminent leur éducation dans la vingtaine pensent généralement aux mêmes sujets. Les cours de littératie financière dans les écoles devraient reconnaître les intérêts de leur audience et chercher à sensibiliser les gens sur le coût d’une dette accumulée sur une carte de crédit, comment calculer le coût d’une automobile et comment déterminer le montant d’hypothèque approprié pour cette personne. Ce n’est pas dire que la planification de la retraite ne doit pas être abordée, mais simplement que les événements des prochains dix ans sont les points primordiaux dans la vie d’une personne et non pas les derniers dix ans d’existence.

La réalité pour trop de gens est que c’est le manque de revenus et non pas la littératie financière qui crée des problèmes de dette. Trop de gens se retrouveraient avec de sérieux problèmes financiers s’ils manquaient un chèque de paie. Lorsqu’ils perdent un emploi et réalise que les réductions à l’assurance-emploi signifient qu’ils n’y ont pas droit, le résultat inévitable est un problème de dette.

Ce manque d’intérêt envers la retraite a toujours été une réalité de la négociation des pensions parce que ce sont les gens âgés de plus de 45 ans qui perçoivent le besoin le plus clairement.

Tout le monde sait que 100 $ épargné pour la retraite à 25 ans représentera en fin de compte beaucoup plus de le même montant épargné à 55 ans. Toutefois, si c’est optionnel, il est presque certains que ça ne se produira pas.

Les gens sont exposés à beaucoup de publicité. La majeure partie est fondée sur l’hypothèse qu’il est bon de consommer. Que ce soit une pizza congelée, une caisse de bière ou une nouvelle automobile, on s’attend à ce que nous consommions. Les gens sont exposés à des milliers d’heures de messages, mais qu’à quelques heures de littératie financière pour leur faire compétition.

Bien que le gouvernement ne puisse pas compétitionner avec le nombre de commerciaux invitant les gens à consommer, il pourrait être utile d’avoir des messages publicitaires qui diraient Pensez-vous à faire un achat important? Visitez le site web… qui porterait un titre tel que Pouvez-vous vous permettre de faire cet achat ?

On y trouverait divers outils utiles tels qu’une calculatrice d’hypothèque et les coûts des cartes de crédit. »
Littératie de la retraite

Dr. Samuel Johnson a mentionné une fois qu’il n’y avait rien de mieux pour forcer le cerveau à se concentrer que de penser à la possibilité d’être pendu au matin. Lorsqu’il s’agit de la retraite, il est aussi vrai de dire que plus elle approche, plus les gens multiplient leurs efforts pour la planifier.
Nous appuyons définitivement le concept d’une bonne planification avant retraite. Ce n’est pas seulement une considération économique, mais une évaluation des questions sociales, juridiques et de santé.

Certains milieux de travail offrent un nombre raisonnable de séances d’information aux gens, mais les séances ont habituellement lieu dans la dernière année d’emploi. Certains augmentent le nombre de présentations pour inclure des gens de l’extérieur qui sont des experts dans le domaine. Quelquefois, ces gens sont des travailleuses et des travailleurs à la retraite. Nous croyons qu’il est définitivement positif de demander à des travailleurs et travailleuses à la retraite de parler à ceux qui travaillent encore au même endroit.

Une des priorités de l’ASRC est d’encourager une meilleure gamme de cours de préparation à la retraite généraux et qui intéressent particulièrement les personnes à la retraite.

Ce que nous devons faire

Étant donné la réalité que la planification de la retraite n’intéresse pas la plupart des gens avant qu’ils aient atteint un certain âge et que le meilleur temps pour commencer à épargner pour la retraite est votre premier jour de travail, nous appuyons fortement l’expansion du ROC/RRQ pour atteindre au moins 50 % du salaire moyen, comme étant la meilleure façon pour les travailleuses et les travailleurs canadiens de rencontrer leurs besoins financiers au moment de la retraite. Aucun autre régime ne peut l’équivaloir en termes de frais administratifs et de portabilité.

Du point de vue d’une personne à la retraite, nous croyons aussi que c’est la meilleure façon de protéger les régimes professionnels. Nous croyons qu’augmenter le RPC progressivement sur une période de 7 à 10 ans avec des ajustements correspondants des obligations des employés et des employeurs à un régime professionnel. Au lieu de faire face à des demandes de changer à un régime à contributions déterminées, le régime professionnel pourrait être négocié avec un supplément défini du RPC ou du RRQ.

Nous avons l’intention d’exercer des pressions auprès de nos anciens syndicats pour qu’ils fassent davantage pour offrir aux membres des cours de préparation à la retraite, dix ans avant la date de départ. Nous avons aussi l’intention d’y participer.

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