La violence et le harcèlement ne devraient jamais être « une simple partie du travail »

25 novembre 2023

Les syndicats du Canada incitent le gouvernement fédéral à prendre urgemment des mesures de lutte contre la violence et le harcèlement au travail en mettant en œuvre la Convention no 190 (C190) de l’OIT. Le 25 novembre est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et marque le début des 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre.

Pour un trop grand nombre de travailleurs – et particulièrement les femmes et les personnes issues de la diversité des genres – le risque de harcèlement et de violence est devenu une réalité quotidienne. Sept travailleurs et travailleuses sur dix ont subi du harcèlement et de la violence au travail, souvent commis par des tiers tels que des clients, des patients et des membres du public. Le risque est particulièrement grand dans le cas des personnes traitant avec le public dans des secteurs tels que la vente au détail, le journalisme, les soins de santé, l’éducation, les transports et l’accueil, où travaillent principalement des femmes et des personnes issues de la diversité des genres.

Par suite de la ratification de la C190 par le Canada qui a eu lieu plus tôt cette année, le gouvernement doit mettre en œuvre une stratégie globale pour améliorer la sécurité de tous les travailleurs et travailleuses. La C190 est un traité mondial visant à éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Elle est le fruit d’une collaboration tripartite entre les syndicats, les groupes patronaux et les gouvernements.

« Depuis que le Canada a ratifié la C190, nous avons un mandat clair de transformer des décennies de militantisme en des lieux de travail plus sécuritaires pour tous », déclare Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada. « Mais nous devons bien le faire. Le Canada a besoin d’une stratégie globale de mise en œuvre de la Convention permettant non seulement de régler des problèmes immédiats de sécurité au travail mais aussi d’incorporer les initiatives indiquées dans le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe. »

Ces dernières années, nous avons vu de nombreux groupes méritant l’équité devenir des cibles pour une extrême droite enhardie. Cette montée de la haine a contribué à la hausse des taux de violence émanant de tiers liées à des formes répandues de discrimination et de marginalisation. Les travailleuses et travailleurs 2SLGBTQI+, noirs, racialisés, autochtones et en situation de handicap sont les plus susceptibles de devenir des cibles. Les attaques publiques homophobes et transphobes contre des membres d la communauté 2SLGBTQI+ ont des répercussions sur le milieu de travail. Il s’ensuit que le nombre de lieux où les travailleurs et travailleuses ne se sentent pas en sécurité augmente.

Une des travailleuses ayant participé à l’établissement du rapport sur le harcèlement et la violence dans les milieux de travail publié par le CTC en 2022 a indiqué qu’elle ne trouvait pas les solutions actuelles intersectionnelles. Elle a précisé que le harcèlement et la violence ont des causes qui se recoupent fondées sur le racisme, l’homophobie et la misogynie. Les travailleurs et travailleuses qui ont des identités multiples et intersectionnelles ont particulièrement besoin de solutions stratégiques à volets multiples propres à mettre fin au harcèlement au travail sur tous les fronts.

« L’élimination de la violence fondée sur le genre nécessite en outre une riposte unie à la montée de la haine. Nous savons qu’il n’y aura pas de solution mur à mur à apporter au harcèlement et à la violence en milieu de travail. Il est temps que le gouvernement fédéral rassemble les dirigeants syndicaux, patronaux et gouvernementaux pour établir des stratégies holistiques afin de prévenir et d’éliminer la violence émanant de tiers au travail », dit Siobhán Vipond, vice-présidente exécutive du CTC. « Ensemble, nous pouvons combler les lacunes de la législation et de la réglementation en vigueur et approfondir notre compréhension collective de la violence et du harcèlement au travail. »

« Tout le monde mérite un milieu de travail dénué de violence et de harcèlement », a déclaré madame Bruske. « Les syndicats sont prêts à collaborer avec les employeurs et les gouvernements pour établir une stratégie globale de prévention et d’élimination de la violence émanant de tiers au travail pour que tout le monde puisse travailler sans crainte et que le milieu de travail soit un lieu sécuritaire et digne pour tous. »

Pour lire les résultats de l’enquête nationale sur le harcèlement et la violence au travail, cliquez ici

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