Repoussons les manipulations corporatives et apportons de l’aide à la population dans le budget de 2024

25 mars 2024

Par Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada tel que publié dans iPolitics*

Nous entendons encore les groupes d’intérêts fortunés – qui s’unissent à nouveau avec les conservateurs – mener le même discours afin d’obtenir davantage d’allégements fiscaux aux entreprises et des réductions plus importantes dans les dépenses publiques dans le prochain budget. Les analystes de Bay Street et les lobbyistes des banques déplorent la « dégringolade de la productivité » du Canada, rejetant avec mépris la faute à la fois sur les travailleurs et sur le gouvernement.

À l’approche du budget de 2024, nous devons attaquer de front ce discours anti-travailleurs. Nous avons déjà vu ce scénario auparavant et nous savons que ça ne se termine pas vraiment bien pour les travailleurs et les familles.

Les lobbyistes du milieu des affaires soutiennent que les salaires devraient refléter la productivité quand cela leur convient, mais ne tiennent pas compte que, depuis plus de 30 ans, les salaires de 80 % des moins bien rémunérés accusent un retard important par rapport à la croissance de la productivité. Et il ne s’agit là que de la pointe de l’iceberg, ce qui donne une idée à quel point la situation est inégale.

Un rapport de février 2024* de Jim Stanford et du Centre for Future Work révèle que les « profits des entreprises se sont maintenus à un niveau historiquement élevé en 2023, malgré le ralentissement de la croissance économique, la hausse du taux de chômage et la stagnation de la demande des consommateurs ». Même le Rapport sur la politique monétaire de janvier 2024 de la Banque du Canada reconnaît que « une hausse des charges salariales pourrait être absorbée par les marges bénéficiaires des entreprises ».

Alors, ne laissons pas les entreprises nous manipuler sur la question des salaires des travailleurs et des investissements publics. Le gouvernement doit réfuter les propos des entreprises qui maltraitent les travailleurs. Le gouvernement doit plutôt se servir du prochain budget pour pousser les entreprises à investir dans leur main-d’œuvre. Comme dans de nouvelles mesures incitatives pour améliorer la formation et le perfectionnement professionnel, et d’autres qui créeront de bons emplois syndiqués durables dans les industries à faibles émissions de carbone.

Face à la menace d’une récession, à la hausse des mises à pied et au grand nombre qui ont du mal à joindre les deux bouts, les conséquences pourraient être désastreuses pour les familles si l’aide était réduite maintenant. La réalité, c’est que des coupures dans notre filet de sécurité social ne feront qu’affaiblir notre économie.

Le programme national de garderies a permis à plus de familles de trouver une place à prix abordable et à un plus grand nombre de femmes ayant de jeunes enfants à intégrer le marché du travail. La création de logements abordables à but non lucratif permettra à davantage de familles de se loger et d’avoir un chez-soi à prix abordable. Selon un rapport Deloitte publié en 2023, en amenant le nombre de logements communautaires à la moyenne des pays de l’OCDE d’ici 2030, « la productivité économique augmenterait de 5,7 % à 9,3 %, ce qui est considérable ». Un programme universel d’assurance-médicaments mènera à des améliorations de la santé et apportera un soutien financier tangible aux familles, tandis que le renforcement de l’assurance-emploi permettra à un plus grand nombre de travailleurs de recevoir de l’aide au moment où ils en auront le plus besoin.

Pouvons-nous nous permettre ces investissements? Certainement. Le Canada est une puissance économique importante. Nous faisons partie des dix premières économies au monde avec l’un des ratios dette/PIB les plus bas du G7. Nous pouvons aussi faire en sorte que les entreprises rentables paient leur juste part et nous servir de ces revenus pour aider les gens.

Nous savons à quoi ressemble un budget de Pierre Poilievre. Monsieur Poilievre et les conservateurs ont mis la hache dans les programmes et les services et ont réduit radicalement l’impôt sur les sociétés la dernière fois qu’ils étaient au pouvoir. Ce faisant, les résultats financiers des entreprises ont augmenté, mais cela n’a pas poussé les entreprises à investir dans leur main-d’œuvre. Les PDG ont plutôt décidé d’agir comme un véritable Oncle Picsou, accumulant des quantités sans cesse croissantes de liquidités. Comme ils le font aujourd’hui, les entreprises crient famine tout en distribuant des primes de rendement records aux cadres supérieurs.

Chrystia Freeland ne doit pas tenir compte des propos faussés qui affluent des lobbyistes du monde des affaires et doit lutter contre leur vision du Canada où les entreprises prennent soin d’elles-mêmes tandis que notre gouvernement cesse de prendre soin des gens. Le 16 avril, le budget qui sera déposé doit accorder la priorité aux travailleurs et aux familles, et non aux intérêts des entreprises.

*Certains des liens ne sont disponibles qu’en anglais

LE BUDGET 2024 DOIT COMPRENDRE DES INVESTISSEMENTS DANS L’ABORDABILITÉ ET DÉLAISSER L’AUSTÉRITÉ

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