Le groupe d’experts sur les soins à domicile fait valoir l’importance de lutter pour un système public

13 octobre 2011

Le maintien à domicile est un des facteurs les plus importants pour assurer la qualité de vie des personnes âgées, et les Canadiens doivent être prêts à mener la lutte pour obtenir les soins à domicile de qualité qui leur permettront de le faire. Cette idée a fait consensus parmi les experts en soins à domicile présents au 10e congrès constitutionnel de l’ASRC.

La privatisation progressive des soins menace notre niveau de vie en vieillissant, mais les Canadiens peuvent rétorquer en protégeant toutes les formes de soins de santé universels et publics, selon ces mêmes experts.

Plus tard, les délégués ont approuvé une résolution demandant au gouvernement fédéral de mettre en place un programme national de soins à domicile assorti de normes et de dispositions pour assurer des services de base comparables dans toutes les provinces.

Lois Wales, présidente du Manitoba Government Employees Union, Danielle Legault, vice-présidente internationale de l’Union internationale des employés de services pour le Québec, et Natalie Mehra, directrice de la Coalition de la santé de l’Ontario, ont dressé un survol des soins à domicile dans leurs provinces respectives et présenté des moyens de maintenir à domicile les personnes âgées vieillissantes.

Le groupe a été présidé par Cécile Casista, présidente de la Fédération des syndicalistes retraités du Nouveau-Brunswick. Elle a coordonné la production d’un rapport sur les soins à domicile offerts dans chaque province. C’est sur ce rapport que repose le document d’orientation de l’ASRC en matière de soins à domicile.

Le Manitoba a été la première province canadienne où un système de soins à domicile a vu le jour, mais seulement au terme d’une « attaque en règle » livrée contre l’idée même du système par le gouvernement conservateur de Gary Filon au milieu des années 1990. Mme Wales explique : « Un appui public manifeste et organisé, dont un débrayage historique des travailleurs de soins à domicile en 1996, a été d’une importance capitale à notre lutte contre les compressions. »

Selon elle, le résultat fut « une victoire totale et sans équivoque pour le système public ». Les conservateurs ont abandonné leur campagne de privatisation et le succès remporté par les grévistes a résulté en une main-d’œuvre stable et de meilleurs soins à domicile pour les aînés.

Pour écouter la version intégrale de la présentation de Lois Wales.

Mme Legault a fait valoir que, bien que la demande de soins à domicile augmente rapidement au Québec en raison du vieillissement de la population, les compressions budgétaires imposées par le gouvernement font en sorte que les fonds affectés aux soins à domicile sont totalement insuffisants. Souvent, le financement des soins à domicile est réaffecté pour éponger d’autres services déficitaires, soutient-elle.

« Les gens n’ont pas les moyens de payer pour ces services, affirme-t-elle. Donc, en l’absence de tels services, les aînés sont contraints de recourir à des refuges. Les gens qui ne réussissent pas à obtenir de l’aide se ramassent à l’hôpital. Ils ne peuvent être retournés à la maison et finissent donc par faire déborder les salles d’urgence. »

Le gouvernement considère les travailleurs de soins à domicile comme de la « main-d’œuvre bon marché », surtout dans le secteur privé, où les salaires et les conditions de travail sont médiocres. « Les travailleurs donnent leur 150 %. Ils font tout ce qu’ils peuvent avec le peu de ressources dont ils disposent. »

« La solution ne passe pas par le secteur privé, ajoute Mme Legault. Les gens doivent recevoir tous les services dont ils ont besoin plutôt que seulement ceux qu’ils ont les moyens de se payer. » Elle incite les Canadiens à participer activement aux campagnes organisées par le Congrès du travail du Canada et les fédérations provinciales des travailleurs et travailleuses pour se porter à la défense du régime d’assurance-maladie et des services publics.

Pour écouter la version intégrale de la présentation de Danielle Legault.

Mme Mehra lance la mise en garde suivante : « Notre système de soins de santé est en train de nous être dérobé par une privatisation progressive », laquelle s’est intensifiée sous le gouvernement Harris, qui préférait réduire les impôts des riches tout en coupant dans les services offerts aux 99 % restants de la population.

De grandes entreprises ont remplacé des œuvres de bienfaisance comme la Croix Rouge et les Infirmières de l’Ordre de Victoria du Canada dans la prestation de soins à domicile parce qu’elles ont les moyens de retenir les services de lobbyistes et d’encaisser des pertes initiales pendant qu’elles érigent leur monopole dans le secteur, avertit-elle.

Lorsqu’il a sabré dans le budget des hôpitaux, M. Harris avait promis de bonifier les services dans les communautés, mais il n’a jamais tenu sa promesse. Le gouvernement a plutôt créé des réseaux locaux d’intégration des services de santé et des centres d’accès aux soins communautaires, ajoutant du coup quatre couches de bureaucratie avant même qu’un seul dollar ne parvienne aux travailleurs de première ligne.

« L’époque où les défenseurs des soins hospitaliers s’affrontaient aux défenseurs des soins à domicile est révolue, dit-elle. Tous les Ontariens doivent faire front commun pour défendre la Loi canadienne sur la santé, les services hospitaliers existants et les soins communautaires. »

Pour écouter la version intégrale de la présentation de Natalie Mehra.

Après la présentation, une discussion animée a permis aux membres de l’auditoire de faire rapport sur les problèmes nuisant aux soins à domicile dans leur province.

Surveillez cet espace Web pour des extraits vidéo et audio de la discussion du groupe d’experts et de nouveaux développements dans le débat sur les soins à domicile.

Les experts en soins à domicile

Danielle Legault

La consoeur Danielle Legault a travaillé comme préposée aux bénéficiaires dans un CHSLD public, ce qui l’a amenée à s’intéresser au syndicat et à débuter sa carrière syndicale comme déléguée dans cet établissement. Son implication syndicale s’est poursuivie à titre de membre de son comité exécutif local et a agi à titre de formatrice pour le SQEES-298.

Celle-ci s’est impliquée dans la structure de son syndicat comme membre du Conseil Général en 1989 et fut élue présidente de sa division en octobre 1993.

En novembre 1995, la consoeur Legault a été élue secrétaire correspondante du SQEES-298. La consoeur Legault a agi à titre de responsable politique dans différents comités soit le comité des préposés aux bénéficiaires, le comité des infirmières auxiliaires et le comité des jeunes. Elle est encore responsable politique pour le Comité de conditions de vie et de travail des femmes, le Comité interculturel ainsi que du réseau des personnes déléguées sociales.

La consoeur Legault représente son syndicat au comité de conditions de vie et de travail des femmes de la FTQ et représente l’UIES Canada à l’Internationale des services publics. Elle est également membre du Comité exécutif de la Mutuelle de formation des résidences privées pour aînés Formarez et est très impliquée dans le domaine des résidences privées au Québec ainsi qu’au niveau de l’économie sociale.
La consoeur Legault fut la première femme vice-présidente internationale à l’UIES pour le Québec et est responsable du service du recrutement depuis 2006.

Natalie Mehra

Natalie Mehra est la Directrice de la Coalition dela santé de l’Ontario – une organisation englobant plus de 70 chapitres locaux et plus de 400 organisations à travers l’Ontario. Elle a passé la dernière décennie en construisant la coalition de santé dans le groupe d’intérêt public le plus grand et le plus large sur des services médicaux à l’Ontario.

Natalie a siège à divers conseil d’adminsitration tel que le droits de la personne, les arts, la santé, le plaidoyer, l’invalidité et des organisations de femme et elle siège actuellement au conseil de la Coalition canadienne de la santé. Avant de joindre la coalition de la santé, Natalie tenais le poste de directrice pour l’Association d’Épilepsie dans la région de Kingston et de Brockville.

Elle a une expérience vaste comme organisatrice communautaire consacré à la construction et la coordination de l’engagement des citoyens démocratiques dans des sujets liées à la pauvreté et l’égalité, des droits de la persone, la justice sociale et la santé. Natalie a écrit de nombreux rapports publiés, des essais et des articles sur des secteurs divers et des sujets tel que dans notre système de santé publique, sur la gouvernance à but non lucratif, sur la pauvreté, l’invalidité, la santé et la politique. Elle a mené plusieurs campagnes nationales pour protéger le système de soin de santé publique de la privatisation.

Lois Wales

Dans l’automne de 2010, Lois Wales est devenue la première femme élue comme la présidente du “Manitoba Government and General Employees’ Union”. Pendant plus de vingt ans avant ceci, Lois a tenu une variété de positions de leadership de haut niveau dans le syndicat en travaillant comme une technicienne en cardiologie dans Selkirk, Manitoba.

Lois était le 4ième vice-présidente du “MGEU” en 1996, quand presque trois mille ouvriers de soin à domicile ont continué une grève de plusieurs mois et en fin de compte réussie pour empêcher la privatisation du programme de soin à domicile du Manitoba. De 1998 à 2010, elle a servi comme 1ère vice-présidente du “MGEU” et a présidé sur le comité des Statuts de constitution et structure, qui a apporté la constitution de la langue claire du syndicat.

Aujourd’hui, Lois sert sur l’excutive pour la fédération des travailleurs du Manitoba ansi que sur le syndicat national des employé(e)s généraux et secteur public (SNEGSP). Elle travaille de près avec le personnel de “MGEU”, des activistes de soin à domicile et l’administration régionale de la santé publique pour créer des positions à plein temps équivalentes dans le système de soin à domicile public de la province.

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