Debout pour la justice économique des femmes
En cette Journée internationale des femmes, les syndicats du Canada se tiennent debout pour exiger une stratégie économique axée sur les travailleuses et travailleurs et qui repose sur la justice économique des femmes.
Il est temps d’agir quand il s’agit des vrais défis économiques qui touchent les travailleuses et travailleurs et leurs familles d’un océan à l’autre.
« L’égalité entre les genres n’est pas une question secondaire; elle est essentielle à la sécurité économique du Canada. Une économie des soins résiliente, des services publics solides et des emplois syndicaux décents sont des atouts stratégiques qui renforcent les collectivités et les industries », déclare Bea Bruske, présidente du CTC. « Les travailleuses et travailleurs veulent que les politiciennes et les politiciens les défendent. Le gouvernement Carney doit lutter pour les travailleuses et travailleurs plutôt que de prendre le parti des grandes entreprises. »
En ce moment, les travailleuses sont mises à rude épreuve, de tous les côtés. Les prix des aliments sont en hausse, les loyers et les hypothèques augmentent, les places en garderie sont encore difficiles à trouver dans de nombreuses communautés et le système de santé public est sous contrainte. En 2025, 40 % des femmes ont indiqué qu’elles avaient de la difficulté ou même beaucoup de difficulté à satisfaire à leurs besoins financiers.
Les répercussions de la crise de l’abordabilité sur les femmes autochtones, noires, racialisées, nouvellement arrivées, jeunes, 2SLGBTQI+ et en situation de handicap sont particulièrement graves. Ces travailleuses sont surreprésentées dans les emplois à bas salaires, précaires et du secteur des soins, les secteurs les plus vulnérables aux compressions, à la privatisation et au sous-financement.
Mais lorsque les gouvernements resserrent les budgets, ce sont les femmes qui font face aux répercussions : tâches d’aidantes naturelles non rémunérées, réduction des heures de travail, perte de services et exposition accrue à la violence. Les ralentissements économiques ne touchent pas tout le monde de la même manière : les recherches indiquent qu’en périodes d’instabilité, la violence conjugale et fondée sur le genre est en hausse. Lorsque les salaires stagnent et que les services sont réduits, la sécurité et l’indépendance des femmes et des personnes d’identités de genre diverses sont menacées.
Malheureusement, la réponse de ce gouvernement à la guerre commerciale est principalement fondée sur des réductions d’impôt pour les ultrariches et des avantages pour les entreprises. Or, nous savons que le fait de prendre le parti des grandes entreprises ne fera qu’accroître les iniquités et les disparités économiques entre les genres.
« Il vaut mieux ne pas avoir d’accord commercial que d’avoir un mauvais accord, particulièrement un mauvais accord qui n’est pas axé sur les travailleuses et travailleurs, les emplois, les collectivités et les industries du Canada, » dit madame Bruske. « Des investissements dans la justice économique des femmes sont indispensables au renforcement de la sécurité économique du Canada. »
Cela signifie qu’il faut des mesures concrètes pour : faire respecter l’équité salariale, éliminer la violence fondée sur le genre dans le monde du travail et investir durablement dans l’économie canadienne des soins à un niveau qui permet de répondre à la situation actuelle et de mettre fin à la crise de la main-d’œuvre.
« Les femmes et les travailleuses et travailleurs d’identités de genre diverses mènent la lutte pour la justice de genre au travail et pour des emplois décents et sécuritaires dans tous les secteurs de l’économie canadienne », déclare Siobhán Vipond, vice-présidente exécutive du CTC. Par l’entremise de nos syndicats, à la table de négociation et auprès des membres du gouvernement, nous faisons des pressions en faveur de protections accrues et de meilleures politiques afin de nous faire entendre.
Depuis des décennies, les femmes syndiquées ont mené la lutte pour faire de la justice de genre une des principales priorités syndicales—en luttant pour une assurance-médicaments publique, des services abordables de garde d’enfants, l’équité salariale, le contrôle des armes à feu, l’expansion des congés parentaux et des congés payés pour violence conjugale.
« Quand nous nous tenons debout ensemble, nous provoquons de vrais changements. Les femmes n’accepteront pas le statu quo. Nous luttons pour un avenir plus féministe et plus équitable dans nos lieux de travail, nos collectivités et notre économie, » ajoute madame Vipond.
En cette JIF, les femmes syndiquées et les travailleuses et travailleurs d’identités de genre diverses se tiennent Debout d’un océan à l’autre pour réclamer de notre gouvernement fédéral qu’il fasse preuve de leadership dans les dossiers qui importent aux travailleuses et travailleurs et à leurs familles :
- Riposter aux droits de douane inconsidérés qui mettent en péril des emplois et des collectivités du Canada.
- Mettre en œuvre le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, notamment en éliminant la violence et le harcèlement dans le monde du travail.
- Régler la crise de la main-d’œuvre dans l’économie des soins en voyant à ce que la nouvelle alliance de la main-d’œuvre des soins apporte des améliorations concrètes aux salaires et aux conditions de travail dans tous les secteurs des soins, ainsi que des recommandations pour investir de façon valable dans les secteurs des soins rémunérés et non rémunérés.