Réponse du CTC à l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels
OTTAWA — L’annonce faite aujourd’hui par le premier ministre Carney reconnaît ce que les travailleuses et travailleurs de ce pays savent déjà : la crise de l’abordabilité est bien réelle et les familles de tout le pays en sentent les effets au quotidien.
Renforçant le crédit pour la TPS, l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, qui prévoit une augmentation de 25 % pour les cinq prochaines années et une majoration ponctuelle pour cette année, aidera de nombreux Canadiens et Canadiennes qui ont du mal à joindre les deux bouts. Pour un nombre de personnes pouvant atteindre 12 millions, cela donnera de la latitude dans la prise de décisions entre l’épicerie, le loyer, les médicaments et d’autres besoins essentiels courants.
Mais les crédits d’impôt n’élimineront pas l’insécurité alimentaire à eux seuls. Les syndicats du Canada accueillent l’engagement du gouvernement à établir une Stratégie nationale de sécurité alimentaire mais ils incitent Ottawa à s’attaquer aux véritables causes de la faim au Canada.
Les syndicats du Canada incitent le gouvernement à éliminer les facteurs contribuant à l’insécurité alimentaire. Un trop grand nombre de personnes sont emprisonnées dans des emplois instables à bas salaire, luttent pour joindre les deux bouts à l’aide de faibles prestations d’assurance-emploi après avoir été mises en disponibilité ou y arrivent à peine à l’aide de faibles prestations d’aide sociale.
Les familles sont encore obligées de faire des choix impossibles entre l’épicerie, les médicaments sur ordonnance, le loyer, les services publics et d’autres frais de base. Les Canadiennes et Canadiens méritent en outre de recevoir des comptes d’entreprises telles que Walmart qui tirent des profits de notre système alimentaire. Les travailleuses et travailleurs ont raison de s’inquiéter quand des centaines de millions de dollars d’aide publique peuvent être versés aux entreprises en l’absence de conditions claires permettant de voir à ce que l’épargne se répercute sur les prix à la caisse, d’autant plus que la hausse des prix de l’épicerie découle de marges bénéficiaires excessives.
Les syndicats du Canada continuent à exiger que les grandes entreprises très rentables, y compris les grandes chaînes d’épiceries, soient frappées d’un impôt sur les bénéfices exceptionnels et que la législation sur la concurrence soit mieux mise en application afin de protéger les travailleuses et travailleurs.